Nehanda Nyakasikana                                                      lors de sa capture par les britanniques en 1898Nehanda Nyakasikana                                                      lors de sa capture par les britanniques en 1898

Nehanda Nyakasikana lors de sa capture par les britanniques en 1898

Une prêtresse guerrière

Nehanda, ou Mbuya Nehanda, comme l'appelle affectueusement le peuple zimbabwéen, est une prêtresse guerrière, née en 1840 en Rhodésie, l'actuel Zimbabwe. Elle est morte à l'âge de 58 ans. Elle avait avait des dons prophétiques, on venait de tout le pays pour la consulter, aussi bien pour des problèmes personnels, que pour les décisions importantes, d'ordre social et politique. Elle serait la réincarnation de l'oracle Nehanda.

Les shonas, ethnie dont elle issue, comme beaucoup de peuples africains sont monothéistes et pratiquent le culte des ancêtre. Selon la légende Nehanda, fille du roi Mutota vécue au 15ème siècle, elle avait la substance divine qui donne puissance et pouvoir aux hommes. En couchant avec son demi-frère, celui ci devint très puissant, conquit de larges territoires, et offrit à Nehanda un royaume la mesure de sa sacralité. De telles êtres ne meurent pas elles se réincarnent en des personnes prédisposées à accueillir son esprit, pour guider et veiller sur son peuple. Ainsi elle se réincarna dans petite Nyakasikana quelque siècle plus tard. Le terme Nehanda est donc comme un titre qui se transmet au fils des réincarnations

Nehanda Nyakasikana incita son peuple à se révolter contre les travaux forcés, les impôts et les taxes injustement imposés par les colons britanniques. C'est la première chimurega, elle prit la tête de la révolte avec d'autre prêtres, dont son époux spirituel Kaguvi. Pendant une année entière elle échappa aux britanniques.

Capturée en 1898, elle refusa l'offre de se convertir au christianisme en échange de la vie sauve. On raconte que la corde se rompit par deux fois. Suivant les conseils d'un autochtone les anglais lui retirèrent sa blague à tabac, car c'est la dit-on où se trouvait son pouvoir.

Avant de mourir Nehanda dira en défiant les britanniques "mes os renaîtront". Elle avait aussi prédis une deuxième chimurega, qui survint en 1972, qui conduira son pays à l'indépendance en 1980. Elle repose désormais au Zimbabwe Hereo's Acre.

L'histoire de Nehanda, illustre le rapport qu'entretien l'africain avec ses ancêtres. un fil conducteur qui le relit à ces êtres premiers, et au delà, au divin qui, bien que lointain est fiable, et bien veillant. Ce lien qui malgré les épreuves reste indéfectible. C'est sans doute là que réside le secret de la survie des noirs. Le sentiment que quoi qu'il arrive, Dieu le créateur de toute chose ne se trompe pas. Tout a un sens, Dieu ordonne, les ancêtres veillent. Dieu est en toute chose, et par conséquent toute chose est importante. Il a mit le germe substantiel du monde dans un principe féminin, si la royauté est dévolu aux hommes, la femme détient le germe générateur de pouvoir et de puissance.

Dans la plupart des cultures africaines, la femme est gardienne de l'ordre social. les hommes, rois, guerriers ou simples mortels prennent conseils au près des femmes, et n'ont aucun problème avec cela. Elle sont à la fois gardiennes de la sagesse, mais aussi de redoutables guerrières, et n'hésitent pas à s'emparer du pouvoir quand c'est nécessaire. Parce que pour l'africain la royauté n'était pas une question de pouvoir, et de privilèges, malgré ce qu'on peut observer en ce moment en Afrique, mais lien qui relie l'homme à Dieu, c'est la gouvernance divine sur terre. si on est branché sur le canal du tout puissant, le despotisme n'a pas lieu d'être.

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