Camille Mortenol, un antillais à qui Paris doit son salut en 1914

Sosthène Heliodore Camille Mortenol, est né le 29 novembre 1859 à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. Son père, un esclave né en Afrique rachete sa liberté à sa 38ème année, Il adopte le patronyme de Mortenol à la naissance de Camille. Il exerce le métier de voilier, devient plus tard maitre voilier, sa mère, elle aussi né esclave, est couturière.

Il fréquente le séminaire-collège de basse terre, il est brillant, sérieux,et très doué notamment en mathématiques, ce qui lui permet de d'obtenir une bourse. Il embarque pour Bordeaux, ou entame des études secondaire au lycée Montaigne. Il obtint son bac es sciences en 1877. Il se prépare alors pour passer le concours d'entrée à l'école polytechnique, qu'il réussit haut la main en 1880. Il est 19ème sur 209 élèves.

Il est un des premiers noirs des Antilles à être accepter dans cette prestigieuse école réservée à l'élite ( il y' a eu Perrinon et Wilkinson ). Il sort major de sa promotion en 1882 et s'engage comme officier de marine. Il servira la France au moment de la conquête de Madagascar, au Gabon, en extrême orient entre autre. Pendant la première guerre mondiale en 1914, il sera à la tête de la défense antiaérien de Paris. Oriol dans son livre "les hommes célèbres de Guadeloupe" dira que c'est à lui et Galliéni que Paris doit son salut.

Voilà comment il fut accueilli par ses nouveaux " camarades" de l'école polytechnique.

"Ah ! c'est toi le nègre. C'est bien, conscrard, continue ! Je t'ai reconnu à ta face luisante, aux reflets brillants, sur laquelle se détachent deux yeux blancs comme deux rostos de sapin dans tes ténèbres de la nuit. Si tu es nègre, nous sommes blancs ; à chacun sa couleur et qui pourrait dire quelle est la meilleure ? Si même la tienne valait moins, tu n'en aurais que plus de mérite à entrer dans la première École du monde, à ce qu'on dit. Tu peux être assuré d'avoir toutes les sympathies de tes ans. Nous t'avons coté parce que l'admission d'un noir à l'X ne s'était jamais vue ; mais nous ne songeons pas à te tourner en ridicule ; nous ne voyons en toi qu'un bon camarade auquel nous sommes heureux de serrer la main"

Le 16 juin 1920, il reçoit la légion d'honneur, on dira de lui « Officier supérieur du plus grand mérite, à son poste jour et nuit pour veiller sur Paris, assure ses fonctions avec un rare dévouement et une compétence éclairée ». Après presque 30 ans de services, ses compétences son dévouement et ses qualités de polytechnicien, il est toujours capitaine de vaisseau ce qui correspond à un grade de colonel dans l'armée de terre. Il était victime de racisme, de préjugés, et la méfiance de la France à l'égard de ses citoyens d'un nouveau genre.

Il prends sa retraite le 15 mai 1919, il s'engage activement comme militant antiraciste. Il écrit pour plusieurs journaux, dont certains de sa terre natale. Il meurt le 22 Décembre 1930 à paris. de l'avis tous, Mortenol était distingué, courtois et cultivé. Il est enterré au cimetière de Vugirard à Paris. Une plaque commémorative à été posée sur la maison où il était né en 1959. Une cité et une rue portent son nom à Pointe-à-Pitre, la cité Mortenol, et la rue Mortenol

Quelques ouvrages pour aller plus loin.

Oruno Lara, Capitaine de vaisOruno D. Lara, Le commandant Mortenol. Un officier guadeloupéen dans la "Royale", Centre de recherches Caraïbes-Amériques.

Jean-Claude Degras, Camille Mortenol, Éditions Le Manuscrit

Oruno D. Lara, Mortenol: Un colonisé exemplaire, 1856-1930, Éditions L'Harmattan,‎ 2010.

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