Du racisme arabe, aux noirs auto-phobes.

« Si ma peau était rose les femmes m'aimeraient. Mais le seigneur m'a affligé d'une peau noire. Bien que je sois esclave, mon âme est noble et libre. Bien que ma peau soit noire, mon caractère est blanc ». En 660, Suhaym meurt tué et brûlé par ses maîtres qui lui reprochaient d'avoir eu des visées sur certaines femmes de leur famille. Or un esclave n'a droit à aucune prétention dans ce domaine. Si sa condition servile était déjà un rempart indépassable, sa couleur de peau n'arrangeait rien et ajoutait l'offense à l'inconcevable.

« J'ai vu, dit Kuthayyir dans son poème, Nusayb égaré au milieu des hommes ; sa couleur est celle du bétail. Vous pouvez le reconnaître à sa brillante noirceur ; même opprimé, il a la face sombre de l'oppresseur ». Le Noir, du fait de sa carnation, est automatiquement assimilé à un oppresseur aux yeux de

l'aliénation l'avait conduit à se présenter ainsi lui même.

« Je suis noir comme la poix, mes cheveux sont laineux, mon aspect repoussant. Je n'ai pas obtenu la faveur que tu m'octroies grâce à l'honorabilité de mon père, de ma mère, ou de ma tribu. Je ne suis parvenu que par mon esprit et ma langue. Au nom de Dieu, je t'adjure, ô Commandeur des croyants, ne me prive pas de ce qui m'a permis d'atteindre cette situation auprès de toi »

L'auto-phobie de Nusayb l'affranchi ne se démentait pas lorsqu'il évoquait ses propres filles : « ma couleur a déteint sur elles et elles me restent sur les bras. Je ne veux pas de Noirs pour elles, et les Blancs n'en veulent pas »

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