Tête africaine retrouvée à Teotihuacan

Tête africaine retrouvée à Teotihuacan

Sur la gauche un chef Nuba, à droite une tète Olmèque (La venta).

Sur la gauche un chef Nuba, à droite une tète Olmèque (La venta).

Les preuves quant à la présence mandingue en Amérique sont on ne peut plus tangibles et nombreuses. Aboubakari II, alors empereur du Mali, le frère de Kankan Moussa, a dirigé une grande expédition musclée avant de parcourir le monde, un réel échange culturel c’est alors opéré.

Aboubakari II et son voyage

Une compilation d’écrits d’historiens arabes et de comtes de griots héritiers de l’empire du Mali, nous raconte que Aboubakari II, petit-fils de Soundiata Keïta (fondateur de l’empire du Mali), et frère de Kankan Moussa (l’homme le plus riche de tout les temps, quelle famille !). Il était un peu plus distant que son frère quant à la nouvelle religion, mais toujours versé la tradition africaine. Il se languissait et était obnubilé par des désirs de voyage en mer. Il s’entoura de nombres de personnes sages pour construire sa flotte, la première tentative ayant échoué, il céda son trône à son frère plus jeune, et se concentra sur son projet. Ainsi le périple d’Aboubakari II vers le « nouveau monde » commença… La traversée pour Aboubakari et sa flotte fut surement plus aisée que l’on ne le pense, d’autant plus aisée que les courants d’airs partant d’Afrique vers l’Amérique du sud et d’eaux s’y prêtent, que leurs embarcations plus petites étaient beaucoup plus manœuvrables (les grosses caravelles pouvaient être immobilisés des jours en mer du fait de leurs faibles manœuvrabilités), qu’ils avaient l’habitude pour se déplacer dans le désert de se référer aux étoiles (méthode de navigation inconnu des européens à cette époque) et que de surcroit une embarcation de type Africaine avait plus de chance de survit en cas de tempête en haute mer qu’une grosse caravelle.

Les explorateurs européens découvrent des noirs à leur première arrivé en Amérique

Menant la première expédition dans l’isthme de Darien entre la Colombie et le panama actuel, l’explorateur Vasco Nunez de Balboa, en s’enfonçant plus au sud, découvre un campement amérindien ou des prisonniers de guerre Africains sont découverts. Demandant aux Amérindiens d’où les prisonniers venaient, ils leurs répondirent qu’ils ne le savaient pas, mais qu’ils habitaient dans le coin. Ainsi un prêtre dominicain Gregoria Garcia qui a passé 9 ans au Pérou au début du 16ème siècle, rapporte que les espagnols ont rencontrés des noirs la première fois sur une île au large de la Carthagène des Indes qui étaient captifs de guerre également. Il était apparemment fréquent que chaque camp fasse des prisonniers de guerre avec ses adversaires. Selon un Alphonse de Quatrefages, anthropologiste au muséum d’histoire naturelle de Paris, des populations noires ont été trouvé en Amérique sous le nom de Charruas au Brésil, les Noirs Caraïbes de Saint-Vincent (les Caraïbes sont paradoxalement le nom d’une ethnie Amérindienne venu du Venezuela ayant envahit les Antilles, dans la logique les Caraïbes auraient dû s’appeler les Arawaks), et les Jamassi de Floride. Des traditions péruviennes et d’autres rapportent comment des hommes noirs ont pénétré les Andes, ainsi les Européens à leur arrivé découvrirent que les gouverneurs de l’Equateur étaient des noirs. Bon nombre d’autres traditions Amérindiennes font état d’hommes noirs venus dans leurs terres avec prestance, en commerçant, et échangeant leurs sagesses.

Les preuves matérielles

De l’art africain ou dépeignant des africains a été retrouvé un peu partout en Amérique. Ainsi des statuettes ont été retrouvées un peu partout : Tabasco, Chiapas, Guerrero, Vera Cruz, Oaxaca etc

De même de gigantesques têtes africaines ont été découvertes en pays Olmèque. Dans la vallée de Mexico, certaines peintures et représentations dépeignant des africains, ont été vénérés comme la figure de Quetzacoatl, ou Tezcatlipoca, des dieux Aztèques.

Dans les îles vierges américaines, il a été retrouvé des squelettes noirs datant de 1250 avec des mutilations dentaires caractéristiques de certaines ethnies Africaines. D’autres encore Tlatilco, Cerro de las Mesas, et Monté Alban. Autant on ne peut nier que les vikings sont aussi arrivés en Amérique plus au nord, autant ont ne peut nier qu’ils n’ont rien apportés, ou échanger culturellement avec les amérindiens, ce qui n’est pas le cas pour la présence africaine.

Echanges culturels

Le Dieu Quetzacoatl, serpent à plume ou oiseau-serpent, faiseur de pluie, entité personnifiant la prospérité dont les cérémonies s’effectuaient par des actes de pénitences, et de châtiments, peut être aisément rapproché de Dasiri des Bambaras dont était issus Aboubakari. Dasiri était un protecteur, représenté par le serpent, la fête commençait au début de l’année comme pour son homologue Aztèque dont la cérémonie s’effectuait également par des actes de pénitence et de châtiments. Au contact des mandingues, les mexicains ont progressivement stoppé les sacrifices humains, voyant que cela n’était pas nécessaire dans la variante Mandingue. Un bon nombre de mots mandingues peuvent être rapprochés ainsi le mot chapeau se dit co-pill-i en mexicain et ko-fill-a en Mandé, ils se prononcent apparemment sensiblement de la même manière, ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres. Les Nagual sont des entités ayant des caractéristiques humaines et animales à la fois ont été retrouvés dans les deux cultures. Le culte du coyote des amérindiens et de la hyène ont fusionnés à Mexico au contact des deux cultures. Les Nagual coyote et hyène étant identifiables par l’autre groupe cela ne forma plus qu’un seul culte. Les africains arrivés en Amérique avant les Européens ont pratiqué l’agriculture, ont érigés des temples et échangés avec les populations locales avec succès, bien que quelques cas de guerres aient été rapportés. Ainsi des peuples civilisés ce sont rencontrés ont échangés en harmonie et bien que les amérindiens aient majoritairement un ADN Mongoloïdes et que peu d’ADN Africain (de l’ADN Africain a été retrouvé dans plusieurs groupes ethniques Amérindiens), la spiritualité Amérindienne est plus proche de la spiritualité Africaine que de n’importe quel autre.

Par Yamessou Sabénou
Sources : They came before Colombus – Ivan van Sertima ; The first american were
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