Paulette Nardal La mère de la négritude

Paulette Nardal, le féminin nègre

Paullette Nardal, est une femme de lettres, une journaliste française de la Martinique. Elle est la première femme noire à étudier à la Sorbonne, où elle présentera une thèse sur Harriet Beecher Stowe l’auteure de « la case de l’oncle Tom » Militante de la cause noire, inspiratrice de la négritude. Femme curieuse et éclectique, elle sort, à Paris quand elle débarque de son île natale voir des expositions, des pièces de théâtre, assiste à des concerts, fréquente le bal nègre un repère culturel afro-antillais.

Elle ouvert les portes de son salon avec ses sœurs, à ses amis, à la diaspora et aux visiteurs du monde entier. Paulette veut faire de son salon un endroit d’échange, pour penser nègre, Elle rejette la littérature imitative des colonisés de l’époque, et incite à valorisé le type de narration si particulière à l’Afrique et aux afro-descendants. La discussion tourne autour du fait d’être noir, l'embryon du courant de la négritude, mais aussi de l’émancipation de la femme martiniquaise, et de la femme noire en général. Dans son salon se côtoient Césaire, Senghor, Léon Gontran Damas, mais aussi les haïtien et américain Léo Sajous, et Claude Mckay.

Avec un écrivain haïtien, elle fonde la revue du "Monde noir" tout un symbole, une plate-forme destinée à propager des idées, sur l’identité noire sans distinction de nationalité. Là aussi elle est inspiratrice du panafricanisme, qui malheureusement ne paraitra que 6 fois pour cause économique. Elle dira plus tard à propos de la négritude et de l’appropriation de cette idée, "Césaire et Senghor ont repris des idées que nous avons brandies, et les ont exprimées avec beaucoup plus d’étincelle, nous étions que des femmes, nous avons balisé la piste pour les hommes."

"REVUE DU MONDE NOIR, revue bilingue en anglais-français, qui se fixe notamment pour objectif de « Donner à l’élite intellectuelle de la Race Noire et aux amis des Noirs un organe où publier leurs œuvres artistiques, littéraires et scientifiques, et de créer entre les Noirs du monde entier, sans distinction de nationalité, un lien intellectuel et moral qui leur permette (…) de défendre plus efficacement leurs intérêts collectifs et d’illustrer leur Race ».

Tout comme leur sœur Paulette, Jeanne et Andrée seront des contributrices de la revue, avec leur cousin germain Louis–Thomas ACHILLE."

Paulette Nardal La mère de la négritude
Paulette Nardal La mère de la négritude

Elle fut entre autre secrétaire du parlementaire socialiste martiniquais Joseph Lagrossière puis de Galandou Diouf, député du Sénégal en 1934. Elle milite contre l’invasion de l’Ethiopie par Mussolini. En 1937, elle visite le Sénégal sur l’invitation de son ami Senghor. En 1939 la guerre éclate paulette, de séjour en Martinique décide de rentrer en France, elle se retrouve grièvement blessée lors du torpillage du bateau qui la transportait par un sous marin allemand. Elle en sort vivante miraculeusement, mais sera sévèrement handicapée. Elle travaille un temps à New York pour les nations unis, avant de retourné vivre en Martinique. Elle crée le rassemblement féminin en 1945 au lendemain de la loi sur le vote des femmes, pour inciter les martiniquaises à aller leur droit de vote.

  Paulette collabore avec diverses revues sur la question noire, de l’identité noire, de la notion de race, de l’identité des déportés noires, et de l'essence que ces peuples partagent avec l’Afrique. Elle répétait inlassablement comme un leitmotiv "black is beautiful." Le réalisateur Jill Servan, dans un film documentaire retraçant la vie de cette femme hors du commun, résume très bien le combat de sa vie à savoir transmettre la fierté d’être noir, la fierté d’être une négresse selon l’expression d'alors. Paulette Nardal fut une penseuse de la conscience de la race, et de la cause des femmes noires. La première femme française à avoir penser un féminisme spécifique des femmes noires.

   Paulette Nardal revendique son héritage africain, son appartenance biologique, culturel et historique à l’Afrique. Elle a pensé la négritude comme un courant social, amical, culturel, philosophique et politique. La négritude comme un pont de retour.

Dans un paris bouillonnant elle a ouvert une bulle de négritude pour se retrouver, reprendre cet part de soi qui ne s’est jamais effacer. Un salon pour éclore les idées, un salon qui draine les états d’âmes meurtris, et révoltés. Des âmes qui cherchent, se redressent et combattent. Des âmes qui se réapproprient leur humanité dans combat singulier, du bout de plumes, par la prose. Des plumes qui chantent l’hymne à l’amour de soi.

 Paris de la folie bergère, le casino de paris, la mixité, le sur-réalisme, l’art, la philosophie, les afro-américains, les afro-antillais, les africains point de convergence vers soi. Créer un moyen de s’affirmer, oser, être soi, dans le miroir des autres, des autres qui vivent la même souffrance. Une acceptation de soi pour ne pas haïr, se détacher de son humanité. Des envolées littéraires pour ne pas sombrer, militer pour parler, chercher pour comprendre, voir pour être vu entre révoltés de la plume.

 La négritude ce mot qui répugne même ses inventeurs, fut un  composte pour nourrir l’internationalisme noire, un composte pour nourrir les damnés de la terre, pour que vive la conscience de la race noire, pour mieux se connaître entre individus qui vivent cette une double expérience, pour la nécessité du rapprochement, des identités noires. De l’Amérique aux Antilles, de l’Afrique à l’Asie, jusqu’au confins du monde pour que résonne les tamtams de la ressemblance. La salon de Clamart fut l’océan primordial de la négritude, du panafricanisme, et de Afro-féminism dans l'esprit cette femme consciente de sa provenance et de son destin.

Pourtant quand en 1987 Césaire énumère ces acolytes, aucun nom de femme aucune référence à celles qui étaient là avant, pendant, et qui ont fait des petites et seraient là encore

Paulette,

Andrée,

 Jeanne,

Christiane,

Suzanne,

Nancy,

Celle qui ont contribué par leurs écris, le temps, leurs idées ont été occultées....

Pour en savoir plus...

"Paulette NARDAL est également connue pour ses écrits progressistes sur la condition de la femme. Rentrée de nouveau à la Martinique en plein régime de Vichy, Paulette NARDAL donne clandestinement et au risque de se faire arrêter, des cours d’anglais à des jeunes martiniquais qui partent pour la dissidence rejoindre la France libre. Elle fonde un mouvement féministe, le Rassemblement Féminin, et crée une revue, « La Femme dans la Cité » tout en ouvrant un nouveau salon littéraire.
Femme de caractère, malgré son infirmité et des douleurs à la jambe toujours lancinantes, Paulette part pour les États–Unis, où elle devient la secrétaire particulière de Ralph BUNCHE, combattant pour les droits civiques aux côtés de Martin Luther KING et Prix Nobel de la Paix en 1950 pour sa médiation réussie dans le conflit Israélo/Arabe entre 1948 et 1949. Ralph BUNCHE fit ensuite nommer Paulette NARDAL à l’ONU, tout juste créée, où elle devint déléguée à la section des territoires autonomes, et où elle restera un an et demi. 
C’est à son retour à la Martinique que Paulette NARDAL fonde la « CHORALE JOIE DE CHANTER » avec l’aide de sa sœur Alice. Tout en continuant à s’investir pour la promotion de la femme, la culture, la littérature ou encore l’histoire, Paulette organise avec sa sœur Alice les commémorations du centième anniversaire de l’abolition de l’esclavage.
Paulette NARDAL est faite Officier des Palmes Académiques et Chevalier de la Légion d’Honneur. Elle recevra également, de son ami Léopold SÉDAR SENGHOR, le titre de Commandeur de l’Ordre National de la République du Sénégal.
L’ancienne place Fénelon, située tout près de l’ancienne maison familiale de la Rue Schœlcher à Fort de France, porte maintenant son nom.
A son retour en Martinique, Paulette s’est installée dans la maison familiale de la rue Schœlcher à Fort de France, où elle retrouve ses sœurs, Jeanne (revenue d’un très court mariage à la Guadeloupe avec le Docteur Joseph ZAMIA), mais aussi Emilie, Lucie et Cécile."
source: www.netlexfance.fr                                                                                                                                    Film Jill servant "Paulette Nardal, la fierté d'être négresse" 2004 TV5
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