La polygamie est une dictature, la polygamie n'est pas glamour

Ces derniers jours on a assisté à une avalanche de réactions pro-départ de Jammeh, surnommé le sanguinaire de Banjul, le petit dictateur, l’âne de la Gambie et d’autres noms d’oiseaux. Surtout des hommes, des ces hommes, des mauritaniens, et de ces mauritaniens des noirs, les hommes noirs. Il faut savoir que la particularité des hommes noirs de Mauritanie est d’être privés de pouvoir. Il y’ a eu une jouissance presque animal chez eux de savoir que l’armée était aux portes de Banjul prêt à déloger le petit dictateur. Derrière cette jubilation, juste ou non acceptable ou pas, ce n’est le propos, c’est l’expérience des sans pouvoir.

Un homme sans pouvoir est toujours heureux quand il y a plus fort que son ennemi. Un proverbe Peulh dit « Que Dieu donne plus fort à celui qui est plus puissant que moi » (sûrement un proverbe imaginé par un homme, sinon n’est-il pas plus intelligent de demander à avoir plus de force ou autant que son ennemi pour l’affronter soi-même ?) Il se réjouie toujours de voir un mâle dominant tomber. Tout cela ne serait-il qu’un jeu de pouvoir ? Un mâle sans pouvoir se réjouie toujours de voir un mâle dominant chuté, de voir un mâle sans pouvoir accéder au trône, par procuration lui même y accède. Il se dit quand lui même aura gagner un combat qu’il soit à la loyal ou non, c’est un système qui lui garantit de s’accaparer du jouet.

Mais se demande-t-il s’il est capable de prendre soin du jouet ? Sait-il que le pouvoir est une responsabilité et non un simple jeu ? Se sentent-il capable de relever les défis que le trône ne tardera pas à lui lancer ? Ou tout ce qui compte c’est d’avoir le jouet du pouvoir dans les mains? Le pouvoir est en quelque sorte un jeu de bousculade, c’est celui qui bouscule le plus fort, celui qui magouille, celui qui ment, qui trompe. Des hommes qui ne connaissent rien aux attentes du peuples, des hommes qui ont érigé une société pour eux même, en excluant l’autre moitié de la société, la femme.

Car comment ne pas s’indigner en tant être juste et conscient devant l’image de deux premières dames de la Gambie ? Comment ne pas s’indigner de voir des hommes, si égoïstement injustes envers les femmes, crier si fort pour réclamer justice pour eux même ? Comment des hommes opprimés peuvent êtres des oppresseurs à leurs tours ? Comme disait Sankara, l’homme noir est opprimé par les colons, et lui même opprime sa femme. Mais qu’est ce qui sustente donc cette oppression actuellement ? Le colon n’est plus ? Il n’y plus que le machisme primaire des africains qui opprime des africaines. Il y’ a l’égoïsme et les enfantillages des africains qui veulent faire comme les autres mâles en allant chercher dans les traditions et les religions ce qu’il y’ a de plus dégradant et de plus inhumain. La polygamie.

Comment un oppresseur qui présente l’objet de son oppression avec fierté a l’indécence de pleurnicher devant le monde entier pour qu’on lui rende justice ? Qui peut voir et sentir l’injustice autant que celui qui la subit ? Apparemment pas le nouveau président Gambien et ses partisans. Ils ont manipulé la religion à leurs avantages, comme ils manipulent le pouvoir à leurs avantages.

Des hommes se battent pour que la justice soit rendue pour eux même, alors qu'ils ne sont des petits dictateurs familiaux. Un homme qui demande son droit d’avoir le « jouet » et que toute la testostérone africaine coachée par les mâles européens, Nations-Unienne pour arracher le jouet du petit garçon récalcitrant Yaya et de le tendre un autre  pauvre petit garçon nommé Adama, qui lui même est susceptible de refuser de quitter le jouet une fois bien installé sur le trône. Ne parlons même, de la continuité politique, la même dictature, le même droit de décevoir le peuple, parce qu’aucun d'eux ne songe à avoir un projet civilisationnel, quelque chose à proposer à part reproduire, continuer sur la même ligne depuis les indépendances.

Derrière cette image des deux premières dames qu’on ne peut probablement d’ailleurs voir qu’en Afrique, que peut-on y voir ? Du glamour ? Une complicité entre deux femmes qui partagent le même homme ? Ou un homme qui pratique l’oppression et la dictature dans son propre foyer? On est en droit se demander comment un tel homme peut avoir la prétention d’être équitable, quand t-il n’est qu’un égoïste qui se préoccupe plus de son plaisir personnel que du bien être de sa progéniture et des personnes qu’il a choisit d’enchainer parce que son pouvoir financier, patriarcal, et religieux le lui permet ?

Non ceci n’est ni glamour ni une quelconque complicité, mais un abus de pouvoir immonde. Et gageons que cet homme comme touts les autres d’ailleurs ne sera qu’un nom sur une liste interminable de petits dictateurs minables et égoïstes, ils construiront des pont, des routes, et nous, pondrons des discours à la gloire du mâle dominant, bref rien d'excitant, encore de la poussière, des hurlement des statuts, du « lamba » un jouet qui passe de mains capricieuses en mains capricieuses, sans rien apporter ni de nouveau, ni constructif et d’innovant. Une succession de déceptions.

Une fois que le jouet est restitué à celui qui a le droit de foutre la m...., il mettra toute son énergie à trouver des stratégies pour se maintenir au pouvoir ad vitam aeternam, il refusera lui aussi de céder la place au prochain mâle hurlant, le « Lamba » recommencera, on assistera encore une fois de plus à une excitation généralisée, une jouissance mal saine mettra en ébullition les sens de nos mâles hurlants. Pendant ce temps l’autre moitié silencieuse de cette foule qui se tient loin de l’arène, parce que le mâle hurlant, il faut bien que quelqu’un s’occupe de laver ses vêtement, de faire sa cuisine, entretenir sa mère, ses sœurs, ses tantes, ses oncles et de ses troubadours, parce que le mâle hurlant qui est un troubadour en a aussi.

Dans cette bousculade et ces hurlements du mâle pour le pouvoir, la femme africaine restent silencieuse. Si elle parle c’est toujours pour aller dans le sens du mâle hurlant et qui se tape la poitrine, pour la respectabilité, pour correspondre à l’image de l’idéal féminin musulman ou chrétien d’ailleurs, et devinez quoi ? Cette image est aussi définit par le mâle hurleur. Alors hurlons parce que nos vies ne sont plus que bousculades, poussières, testostérone, sueurs et chaos.

Les femmes il y a longtemps qu’on les entend plus, les musulmanes particulièrement. Elles sont probablement les femmes les plus pro-patriarcat. L’homme leur a dit que « Dieu a dit d’obéir aux hommes, elles obéissent. Il leurs a dit que dieu est d’accord avec la polygamie, elles obéissent. Il leurs a dit que la meilleure d’entre elles est celle qui ne soulève pas la colère du mari, elle obéissent. La où il y' a paresse et ignorance prolifère la dictature, et le despotisme.

Il est temps de construire société égalitaire, il temps de s’asseoir bien avant la démocratie et touts ces futiles jeux de pouvoir et déterminer la société juste que nous sommes sensé inventer. Il est temps de finir avec cette société patriarcal qui est injuste non seulement pour les femmes mais aussi pour les hommes.

 

 

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